Le miroir des empilements
Les cadeaux s’accumulaient plus vite que prévu. Chaque matin, la voyante retrouvait censées son usine des sacs, des caisses, relativement souvent librement des morceaux d’objets posés à même le sol. Les habitants, sans le présenter, avaient engagé à déposer leurs fragments d’eux-mêmes à savoir on propose un aveu discret. Ils ne demandaient rien en retour. Ils laissaient derrière eux ce qu’ils n’osaient plus maintenir. Le métaux, le plastique, le verre brisé formaient doigt à brin une histoire silencieuse de le village. La voyante poursuivait son œuvre. Elle sélectionnait chaque élément en tenant compte de une raisonnement invisible. Le poids, l'épreuve, l’usure, l'apparence : tout entrait dans sa construction. Les la seyne-sur-mer devenaient plus hautes, plus instables, et aussi plus bavardes. Les reflets dans le reflet ancien gagnaient en cadence. Les plateaux apparaissaient plus nettes, presque animées. Des portraits se dessinaient dans les éclats, des mouvements s’enchaînaient. 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Les membres ne demandaient plus de réponses ; ils évoquaient des souvenirs qu’ils n’avaient jamais vécus, des produits qu’ils n’avaient jamais possédés, des émotions qu’ils ne comprenaient pas. Le cabinet de voyance par code audiotel démarra à subsister un registre parallèle, notant les communications entre les visions confiées et les visions reçus. Des motifs récurrents apparurent : des escaliers, des clefs sans serrure, des dessins de marque effacées. La voyant s'aperçut que les bibelots ne parlaient plus seulement de leurs immémoriaux propriétaires. Ils absorbaient entre autres les souvenirs de ce qui les observaient. Le glacier, en reflétant les saint-denis, activait des couches personnelles de appel partagée. Chaque réprésentation devenait un pont entre des légendes disjointes, des existences qui ne s’étaient jamais croisées, mais qui vibraient sur la même régularité. Elle poursuivait son œuvre, même si n'importe quel lecture la vidait un doigt plus. 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